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De nouvelles alternatives économiques peuvent voir le jour

De nouvelles alternatives économiques peuvent voir le jour

21 avril 2020 Histoire de réussite 0
MEli Business - nouvelles alternatives




Printemps 2020, nous en sommes à notre vingt-neuvième jour de confinement.

Le confinement imposé pour raison sanitaire a mis un coup d’arrêt aux différentes activités, sauf celles de premières nécessités : santé, alimentation, éducation, transport partiel, informatique, télécommunications, distribution des énergies et de l’eau.

La première préoccupation des chefs d’entreprises fut ce que l’on peut nommer « le nerf de la guerre » :

Cette première phase de sidération passée, chacun s’est attelé à la mise en route des mesures gouvernementales de soutien : chômage partiel, arrêts maladie, prêts bancaires etc….

Aujourd’hui, j’aborderai avec vous la troisième phase de la réflexion, même si vous avez le sentiment que le nombre d’inconnues environnementales complique l’équation pour demain.

Certaines entreprises ont déjà amorcé cette phase en répondant aux besoins d’approvisionnements du personnel soignant (masques, respirateurs, tests, blouses pour ne citer qu’eux) pour répondre à l’enjeu majeur du moment : sauver des vies humaines dans les hôpitaux. Cette opportunité saisie ajoutée à l’engagement mutuel des parties prenantes va inévitablement viabiliser sur le long terme les projets en cours.

Mais bien des activités ne sont pas directement impliquées comme celles de ces entreprises qui sont interdites d’exercer.  

A ces nombreuses entreprises qui s’interrogent sans avoir un début de réponse sur leur devenir, je propose de faire ressurgir les principes de l’Effectuation mis en œuvre par tout créateur d’entreprise.

L’Effectuation est le terme né, il y a 20 ans, de l’observation par Saras Sarasvathy (chercheuse d’origine indienne) des méthodologies utilisées non seulement par les créateurs d’entreprises mais également au cours de l’existence des entreprises.

Elle s’appuie sur cinq principes :

Parce que chaque entité n’aura d’autre choix d’envisager ces lendemains comme une renaissance.

Un tient vaut mieux que deux tu l’auras (Démarrer avec ce que vous avez)

Chacun part de son capital compétences et ressources pour mettre en œuvre un projet d’entreprise. Qu’est-ce qui est à ma disposition pour répondre à un besoin détecté qu’il s’agisse d’un produit ou d’une prestation de service ?

Ce même principe a été utilisé par bien des personnes pour répondre à la pénurie de matériels des hôpitaux comme :

Le raisonnement de la perte acceptable

Dans un environnement dont les contours sont parfaitement identifiés, en fonction du périmètre géographique des activités, chaque chef d’entreprise évalue son risque financier en se fixant des objectifs de délais pour éviter toute situation de précarisation.

Dans cette phase de confinement renouvelée de quinzaine en quinzaine, il faut donc faire preuve d’une certaine agilité en multipliant les scénarii possibles.  Ils s’articuleront autour de ces questionnements.

Et en fonction de ce qu’il considère comme perte acceptable (c’est-à-dire avoir essayé sans trop regretter que cela n’ait pas marché) choisir la meilleure solution selon ce critère.

Le patchwork fou

Spontanément les chefs d’entreprise raisonnent partenariat selon plusieurs schémas possibles : partenariat avec un prestataire ou avec un client très intéressé mais dont la demande de volume nécessite des investissements importants. Dans ce dernier cas son implication est sollicitée, le client est un acteur clé du projet car il est hautement intéressé à la réussite de celui-ci.

Des exemples récents montrent que de nouveaux partenariats émergent pour co-construire ensemble une offre nécessaire, impérative et non pourvue. Comme celui de la création d’une mini usine à côté de l’hôpital Cochin et les offres de différents « makers » un peu partout sur le territoire : https://www.lci.fr/high-tech/coronavirus-a-paris-hopital-cochin-une-mini-usine-d-impression-3d-fournit-aux-soignants-le-materiel-qui-leur-manque-2150247.html.

La limonade

C’est notre capacité à partir d’une idée et à aboutir à une autre parce que nous avons su rebondir sur une demande client, une observation fortuite ou tirer parti d’une situation accidentelle.

C’est aussi le cas de cette PME bretonne qui fabrique des vêtements techniques et qui s’est vue confier la commande d’un milliard de masques de protection : https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-en-loire-atlantique-actimage-fait-face-la-demande-d-un-milliard-de-masques-6799690.

Ou encore le Groupe Yves Rocher connu pour ses produits cosmétiques qui vient en aide aux CHU locaux en lançant la fabrication massive de gel hydroalcoolique : https://www.yves-rocher.fr/actbeautiful/fr/fr/contre-le-covid-19-le-groupe-rocher-engage-par-nature

Le pilote dans l’avion

Ce principe reflète la nature du chef d’entreprise qui sait tirer parti des situations, avec confiance et détermination, comme nous l’avons vu plus haut.

Attitude de rupture avec la stratégie de prévision de l’avenir, pour privilégier celle du contrôle de l’avenir. Autrement dit notre capacité d’adaptation dans un monde en mutation.

Un management de la créativité est donc privilégié, incitant à l’action avec agilité. S’il est spontané au moment de la création, il est parfois court-circuité par l’hégémonie de l’analyse du réalisé qui sert de référentiel au champ des possibles. Cette logique purement financière ne peut créer de la richesse. Elle fait oublier que ce qui concoure à générer de l’activité, génère des revenus dont les devises ne sont que des outils d’échanges.

Ces illustrations montrent que notre capacité à être agile peut nous sortir de l’embarras en revoyant nos modèles économiques. Qu’est-ce qui fait sens ? Qu’est ce qui est vraiment utile et pourquoi ? Qu’est-ce qui est vital ? Quelle réelle valeur ajoutée nous apportons nous mutuellement.

Des idées émergent rendant les certitudes et les préjugés d’hier obsolètes, comme de nouveaux canaux de distribution entre les producteurs et les consommateurs ou encore la nécessité de mailler nos territoires avec la complémentarité des activités, des différentes entreprises au service des derniers consommateurs de la chaîne de production et d’approvisionnement.

En conclusion je reprendrai la synthèse de Philippe SILBERZAHN dans son article de Février 2011.

Point de départ = Vous
Vous + déclencheur = Idée
Idée + Action = Opportunité
Opportunité+engagement des parties prenantes = Projet viable

Marie-Elisabeth TAKACS
Avril 2020